Le vitrail dans l'histoire

Ancêtres du vitrail

Avant le vitrail était le verre, invention attribuée aux Phéniciens au Ier siècle avant J-C. Des fragments retrouvés à Pompéi laissent à penser que du verre coloré ornait les fenêtres des villas des riches Romains, mais pas encore de vitraux.
Pour autant, des formes primitives de vitraux en feuilles d'albâtre existaient dans les églises chrétiennes des IVème et Vème siècles.
Mais c’est l’apparition, au Ve siècle en Europe, du verre plat soufflé qui sera déterminante dans le développement du vitrail.

Premiers vitraux

A partir du VIe siècle, l’Italie voit la création de vitraux intégrés  dans des châssis en bois ou en métal, ou dans du plâtre. Cette technique sera progressivement remplacée par le vitrail au plomb à partir du Xe siècle. Les plus anciens vitraux au plomb conservés sont ceux de la cathédrale d’Augsbourg en Allemagne et datent de 1100.

Vitrail roman

Au XIIe siècle, la taille limitée des ouvertures romanes impose des vitraux clairs. La gamme colorée est limitée : bleu clair dit bleu de Chartres, rouge, vert presque jaune, pourpre tirant sur le rose et jaune. Le vitrail est rehaussé de peinture à la grisaille (trait et lavis). L’iconographie est extrêmement élaborée, les vitraux étant le reflet d’une réflexion théologique très poussée.
Les Cisterciens (1145-1150) s’opposeront à cette préciosité accusée de détourner le fidèle de la méditation et prôneront un vitrail incolore à motifs géométriques proche des claustras byzantines ou islamiques.

Vitrail gothique

Le XIIIe siècle, avec l’architecture gothique, voit les ouvertures s’agrandir et la tonalité des vitraux s’assombrir. Le bleu est plus soutenu, son association avec le rouge crée un effet violacé caractéristique. La palette s’élargit avec 2 rouges (carmin/vermillon), 2 verts (olive/émeraude) et 2 pourpres (foncé/carnation) mais le jaune est moins utilisé.
Les grands édifices religieux comportent alors souvent deux niveaux. Les vitraux du bas décrivent des scènes de la vie du Christ et des saints, les vitraux du haut se concentrent sur des personnages isolés. Les premiers vitraux « rosaces » apparaissent sur les façades occidentales ou dans les transepts.

Des vitraux plus lumineux

En matière de vitrail, le XIVe siècle se caractérise par l’apparition du jaune d’argent qui permet de colorer partiellement en jaune une pièce de verre. Cela entraîne la clarification des compositions avec par exemple une seule pièce de verre pour le visage et les cheveux blonds d'un personnage. La qualité du verre incolore s’améliore, il est désormais plus fin et translucide.

Des vitraux plus réalistes

Au XVe siècle, la gamme de couleur des vitraux s’enrichit du violet et de la sanguine qui affine le rendu de la grisaille notamment pour la carnation. L’arrivée du verre plaqué permet d’intégrer au vitrail la gravure sur verre. Les représentations gagnent en réalisme avec la maîtrise des perspectives. Apparaît également dans les vitraux la technique du sertissage en chef d’œuvre, incrustation d’une pièce de verre, souvent ronde, à l’intérieur d’une autre pièce de couleur différente.

Vitrail Renaissance

La Renaissance voit l’italianisme triompher également dans le domaine du vitrail. Les vitraux deviennent de plus en plus réalistes grâce à l’extrême maitrise des peintres-verriers. La palette de couleurs gagne encore en subtilité notamment avec l’apparition des émaux. L’extraordinaire richesse du vitrail Renaissance sera malheureusement suivie d’un long déclin dont les premiers signes apparaissent dès la fin du XVIe siècle.

Déclin du vitrail

Avec l’abus des émaux, les vitraux avaient beaucoup perdu de leur transparence, le XVIIe siècle voit le développement du vitrail incolore simplement encadré d’une bordure colorée à l’émail ou au jaune d’argent. Certains vitraux anciens seront même détruits pour être remplacés pas des vitreries incolores.
Au XVIIIe siècle, la création de vitraux est quasi nulle et la fabrication de verre coloré cesse en France.

Début de renaissance pour le vitrail

Au XIXe siècle, faute de verre de couleur, les peintres-verriers travaillent des couleurs vitrifiables sur verre incolore, cette technique portera le nom de vitrail-tableau. Parallèlement, un vaste projet de restauration de vitraux anciens est initié, relançant la demande de verre de couleur. De nombreux ateliers voient le jour et proposent du vitrail sur catalogue reproduisant des motifs au mètre. A la fin du XIXe siècle, la production de vitraux est très importante mais totalement coupée du l’art vivant. Il faudra attendre le mouvement Art nouveau pour que le vitrail reprenne pied dans son époque.

Renaissance créative du vitrail

Au XXème siècle, avec l’apparition des verres imprimés (en relief) et des verres américains (opalescents et marbrés), le vitrail trouve un nouvel essor créatif.
Le style art nouveau très présent dans le vitrail civil (édifices publics, brasseries, cages d’escalier, grands magasins…), se caractérise par des motifs floraux et des décors exubérants. Le vitrail s’exprime également dans les objets décoratifs avec les fameuses lampes Tiffany.
En réaction, la période Art déco, verra la création de vitraux plus épurés, avec des compositions géométriques et une gamme de couleurs neutres : blanc, noir,  gris, jaune.
Dès l’après guerre, la dalle de verre et le fusing font leur apparition et sont très utilisés dans les collaborations avec des peintres de renom et leur travaux sur l’abstraction.
Le vitrail contemporain intègre de nombreuses influences et offre encore aujourd’hui, de vastes possibilités de recherche.

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